Où placer son épargne de précaution ?
Une épargne de précaution est indispensable. Mais encore faut il savoir combien mettre en réserve et où la placer intelligemment ? Comment faire pour que cet argent reste disponible rapidement, tout en générant un peu de rendement ?
DÉBUTANT
7/5/20257 min read


"Et si j'avais besoin d'argent immédiatement, est-ce que j'aurais de quoi m'en sortir ?" C'est la question qui pousse à se constituer une épargne de précaution indispensable. Mais encore faut il savoir combien mettre en réserve et où la placer intelligemment ? Comment faire pour que cet argent reste disponible rapidement, tout en générant un peu de rendement ?
Dans cet article, je vous présente mes trouvailles sur le sujet, dans ma recherche de la "meilleure solution" de placement pour l'épargne de précaution, en expliquant les avantages, les inconvénients et les pièges à éviter.
L'épargne de précaution, késako ?
L’épargne de précaution correspond à l’argent que vous mettez de côté pour faire face aux imprévus de la vie, que ce soit une dépense imprévue (réparation de voiture, frais médicaux, facture inattendue) ou une baisse de revenu (perte d'emploi, changement de poste). On parle généralement d’un montant équivalent à 3 à 6 mois de dépenses courantes, voire jusqu’à 12 mois pour les profils plus prudents ou vulnérables (travailleurs indépendants, familles monoparentales, etc.).
Deux caractéristiques clés : Liquidité et Sécurité. Les fonds doivent pouvoir être récupérés rapidement, sans frais ni pénalité. Et les sommes placées ne doivent pas être soumises à un risque de perte en capital.
L’objectif principal n’est pas de faire fructifier cet argent de manière agressive, mais de le protéger tout en cherchant à limiter l’érosion monétaire liée à l’inflation.
Les solutions classiques : Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune)
On ne va pas y aller par quatre chemins : les meilleures solutions, vous les connaissez déjà, ce sont les livrets réglementés. C'est le fameux livret A, ainsi que ses acolytes le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), le LEP (Livret d'Epargne Populaire) ou encore le livret jeune.
Ils ont pour avantages d'être ultra-sécurisés (garantis par l’État), l'argent qui y ait placé est disponible immédiatement et totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux et en plus l'ouverture et la gestion se fait simplement dans n'importe quel établissement bancaire français.
Par contre, ils ont l'inconvénient de présenter des plafonds limités (22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS, 10 000 pour le LEP et 1600€ pour le livret jeune) et des rendements peu rémunérateurs (3 % net au 1er février 2025 pour le livret A).
Le livret A est la solution standard accessible à tous. Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) est un livret "écolo" un peu moins rémunérateur dont les sommes collectées doivent être utilisées par les banques pour octroyer des prêts pour l'amélioration de la performance énergétique du logement, à des taux attractifs. Le LEP (Livret d'Epargne Populaire) est réservé aux foyers les plus modestes et présente un "taux boosté" (au 1er février 2025, le taux du livret d'épargne populaire est fixé à 3,5 %). Enfin le livret jeune est accessible aux moins de 26 ans, le taux est à l'appréciation de la banque, mais ne peut être inférieur à celui du livret A.
En commençant mes recherches, j'espérais trouver une solution plus exotique (et plus rémunératrice) que les livrets réglementés. Si vous êtes pressé ou que vous cherchez la simplicité, vous pouvez vous en tenir à cela. Si vous êtes curieux des alternatives, je vous laisse lire la suite.
Les alternatives
Compte sur livret bancaire (non réglementé)
Les livrets bancaires, aussi appelés comptes sur livret (CSL), sont des produits d’épargne simples et accessibles proposés par toutes les banques. Ils permettent de placer son argent en bénéficiant d'une rémunération sans risque, tout en conservant une disponibilité totale des fonds. Vous pouvez déposer ou retirer de l’argent à tout moment, sans frais ni pénalités, ce qui en fait une solution adaptée pour l’épargne de précaution.
Contrairement aux livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP), dont le taux est fixé par l’État, le taux du CSL est librement défini par chaque banque. Il est souvent modeste (autour de 0,5 % à 1,5 % brut), mais peut être bonifié temporairement lors d'offres promotionnelles. Les intérêts sont en revanche soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, sauf exception. En cas de faillite bancaire, les sommes sont garanties à hauteur de 100 000 € par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR). Facile à ouvrir (y compris en ligne), parfois associé à une carte de retrait ou à un accès DAB (distributeur automatique de billets), le livret bancaire constitue un support souple, idéal pour gérer une épargne tampon entre le compte courant et des placements plus risqués.
Pour ces raisons, il est donc recommandé de placer en priorité son épargne sur les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) avant de se tourner vers les CSL.
Les comptes à terme : plus rémunérateurs, mais bloqués
Le compte à terme (CAT) est un produit d’épargne un peu plus contraignant, mais qui peut se révéler plus rémunérateur que les livrets bancaires. Le principe est simple : vous placez une somme d’argent pour une durée définie à l’avance (généralement entre 3 mois et 5 ans), en échange d’un taux d’intérêt garanti. Plus la durée est longue, plus le taux proposé est généralement élevé. Contrairement au livret, l’argent est bloqué pendant toute la durée du contrat. Il reste techniquement accessible, mais un retrait anticipé entraîne souvent une pénalité sur les intérêts.
Le compte à terme est un produit sans risque de perte en capital, car les fonds sont également couverts par la garantie des dépôts jusqu’à 100 000 €. Il convient donc aux épargnants qui disposent d’un excédent de liquidité stable qu’ils peuvent immobiliser temporairement pour chercher un peu plus de rendement, sans exposition aux marchés financiers. Attention toutefois : les intérêts du compte à terme sont soumis à la fiscalité de l’épargne (prélèvement forfaitaire unique ou imposition au barème de l’impôt sur le revenu, selon l’option choisie).
Cependant, il reste à réserver pour une partie non indispensable de l’épargne de précaution (plutôt pour de l'épargne de type "projet à moyen terme"), ou en complément d’un Livret A rempli, car les taux ne sont généralement pas plus élevés que celui du Livret A (taux généralement sous les 2,5% chez les banques traditionnelles en 2025, contre 3% pour le livret A, tandis que quelques banques en ligne proposent des taux entre 3 et 4%).
Les fonds en euros (assurance-vie)
Les fonds en euros sont le support sans risque par excellence des contrats d’assurance-vie. Ils offrent une garantie en capital (totale ou partielle) à tout moment : vous ne pouvez pas perdre d’argent, même en cas de crise financière. Les intérêts générés chaque année sont eux aussi définitivement acquis, ce qui sécurise la performance dans le temps. Les rendements ont longtemps été modestes (autour de 1 à 2 %), mais ils connaissent un rebond depuis 2022, certains contrats dépassant à nouveau les 3 %, notamment dans les assurances-vie en ligne ou distribuées par des mutuelles.
Ce type de placement combine donc sécurité, rendement potentiellement supérieur aux livrets bancaires, et cadre fiscal très avantageux au bout de 8 ans (abattement annuel sur les gains, taxation réduite). En contrepartie, il faut noter que les fonds en euros ne sont pas instantanément liquides : un rachat (retrait) prend généralement entre 3 jours et 2 semaines selon les assureurs. Cela reste raisonnable, mais il ne s’agit pas d’une épargne mobilisable "en un clic" comme un livret ou un compte courant.
Autre contrainte : de plus en plus de contrats imposent de placer une partie des versements sur des unités de compte (non garanties, donc risquées) pour accéder aux fonds en euros, ou limitent les montants versés sur ce support. Il convient donc de bien lire les conditions du contrat avant d’y placer son épargne de précaution. Pour résumer, les fonds en euros sont un bon compromis entre sécurité, rendement et fiscalité, mais légèrement moins adaptés pour faire face à des urgences immédiates. Ils peuvent être utilisés pour la partie "longue" de l’épargne de précaution, celle que l’on n’a pas besoin de toucher dans l’immédiat.
Fonds monétaires (Sicav monétaires)
Les fonds monétaires, aussi appelés Sicav monétaires, sont des produits de placement à très faible risque, conçus pour valoriser des liquidités sur des durées très courtes. Ces fonds investissent dans des titres de dette à échéance brève — généralement de 1 à 6 mois — comme des bons du Trésor, des billets de trésorerie émis par des banques ou des grandes entreprises, etc. L’objectif : sécuriser le capital tout en suivant les taux d’intérêt du marché monétaire, comme l’Euribor ou le €STR.
Dans un contexte de taux élevés, ces fonds peuvent offrir un rendement brut supérieur à celui d'un livret réglementé (livret A). Mais attention : ce rendement est soumis à la flat tax de 30 %, ce qui en réduit la performance nette. Contrairement aux fonds en euros, il n’y a pas de garantie en capital, mais les risques de perte sont très faibles si l’on reste sur des fonds monétaires dits "de qualité".
Ces placements sont accessibles via un compte-titres ordinaire (CTO), parfois via un PEA, et conviennent particulièrement bien aux investisseurs qui disposent déjà d’un portefeuille boursier : on peut y loger des liquidités "en attente" d’être investies, tout en générant du rendement. Les rachats s’effectuent généralement en quelques jours, ce qui rend ces fonds relativement liquides, même si un petit délai subsiste par rapport à un simple virement depuis un livret bancaire.
Ce qu’il ne faut pas faire avec son épargne de précaution
On a fait un petit tour des solutions les plus pertinentes pour les particuliers. Avant de vous laisser, je relaie un petit rappel de Warren Buffett :
"La règle n° 1 est de ne jamais perdre d'argent. La règle n° 2 est de ne jamais oublier la règle n°1."
C'est d'autant plus vrai pour l'épargne de précaution, dont le but n'est pas de faire du rendement. Les pires erreurs seraient de la placer en actions ou en cryptomonnaies (volatilité trop élevée, risque de perte de capital important), de tout mettre dans des produits bloqués, de négliger l'impact fiscal et bien sûr d'utiliser cet argent pour partir en vacances, prendre un cuite ou aller au casino.
Bref, l’essentiel est de choisir des produits simples, sûrs, et adaptés à votre profil et à vos besoins de court terme.
Matthieu D.
Finance Aces
La connaissance enrichissante.
COntact
Newsletter
contact@finance-aces.com
© 2024. All rights reserved.